Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

25.5.15

LE RETOUR DE TENGA NINA


Cette semaine, le cinquième et ultime album de Jacques Thollot Tenga Niña (avec Noël Akchoté, Tony Hymas, Claude Tchamitchian, Henry Lowther et Marie Thollot), originellement publié en janvier 1996, réapparaît avec un nouveau manteau, de nouveaux textes (28 pages d'impressions d'alors à propos de ce disque et entretiens par les plumes de presse ou Thollot lui-même, ou encore le dessin que Jacques Ferrandez avait fait en guise de chroniques pour le magazine de BD À suivre) et de nouvelles photographies (Christian Rose, Guy Le Querrec, Mephisto, Philip Anstett, Jean-Luc Karcher, Caroline de Bendern...) et toujours le beau dessin de couverture de Pierre Cornuel.

23.5.15

VALÉRIE CRINIÈRE : LA VIE CHANTÉE


Le 12 mai à la Fonderie au Mans, les Allumés du Jazz se sont réunis en une assemblée annuelle (dite générale - mais pas "dites Général") pour que tous puissent mettre leurs boussoles à l'heure en ces moments où les points cardinaux de nos expressions se perdent facilement dans les brouillards artificiels des sales majestés.

Première réunion aussi sans Valérie Crinière qui fit tant pour que la nef des Allumés du Jazz puisse voguer en moult houles, qui y apporta aussi joie et invention. À l'issue de ce rendez-vous en était fixé un autre pour tous les amis et amies de Valérie. Quelques musiciens, mais aussi comédiens, dessinateur, dont certains qui furent éminemment proches s'étaient retrouvés pour jouer un peu de cette réflexion sur la vie, de ce chant qui animait tant cette compagne, celui qui cherche toutes les sorties de l'indifférence pour permettre aux gens de se connaître. 

Cette soirée fut un peu le jeu des étoiles. Hélène Labarrière, Rémi Gaudillat, Bruno Tocanne, Christophe Rocher, Sylvain Kassap, François Corneloup, Christopher Bjurström, Emmanuel Cremer ont ouvert sensiblement avec "Our spanish love song" de Charlie Haden, un de ses titres favoris. L'acoustique du hall de la Fonderie fleurait bon une sorte d'ambiance ESP, une liberté distincte et enveloppante à loisir : les partisans du chant les uns aux autres, les langues d'espérance. Emilie Lesbros, Benoît Delbecq, Dave Golitin, puis Jean-François Pauvros rejoignirent vite l'ensemble qui proposa diverses formations, conciliabules et échanges près du son, près du sens. Seule la géométrie du cœur ne variait pas. Avec les musiciens, Didier Bardoux, ami de toujours lut Prévert, poète chéri, et Daniel Crinière "Kaspar Hauser" de Verlaine ; deux invitations, deux façons fortes d'expériences et de sentiment du présent. Il y eut aussi "la chanson de Maxence" du film de Jacques Demy Les demoiselles de Rochefort et le souvenir amusé de la rencontre de Valérie et Jacques Perrin. La vie chantée. Jean-François Pauvros joua avec Sylvain Kassap "Memorias del Olvido" dédié aux oubliés de l'espoir espagnol, Stéphane Cattaneo prit ses pinceaux, rappels de moments noirs et rouges des années 90 ("C'était vraiment une sacrée époque (1)"). Mehdi Crinière dansa avec l'orchestre - sur les mots de Curtis Mayfield choisis par Émilie - pour sa mère, pour nous, pour lui. Moment où l'on sait à quel point, elle, nous (et l'on espérerait aussi tous vous, ils, elles) voulions-voulont-voudront autant de lendemains fertiles, d'inégalités impossibles, de traits cohérents entre les êtres. 

Merci Valérie


(1) Commentaire de Valérie - apprenant la mort d'Abel Paz - sur le Glob le 15 avril 2009

Un chaleureux merci à Cécile, Virginie, Françoise, aux camarades de la Fonderie, de NBA et des Allumés du Jazz qui ont permis cette soirée.


Photos : B. Zon

21.5.15

LES MURS PARLENT
(DE RAP, DE MINNESOTA ET DE CORRÈZE)

Ceux de St Paul-Minnesota donnent à voir les rappeurs des Twin Cities -Desdamona et Dem Atlas- que l'on pourra entendre au festival Kind of Belou de Treignac en août prochain.

Photos des photos : B. Zon

10.5.15

15 NOW SUITE

"Dans un monde qui s'écroule sous le poids de la rentabilité, envahi par les sirènes ravageuses de la techno-science, la voracité du pouvoir, par la mondialisation -nouvel esclavage-,  au-delà de tout cela, l'amitié, l'amour existent."
(Henri Cartier-Bresson 15 mai 1998) 


Le 15 avril dernier, devant le McDonald du quartier Dinkytown à Minneapolis, Jayanthi Kyle chante :
"The day’s gonna come when I won’t march no more
The day’s gonna come when I won’t march no more
But while my sister ain’t equal, my brother can’t breathe
Hand and hand with my family, we will fill these streets"

"Le jour viendra où je ne marcherais plus
Le jour viendra où je ne marcherais plus
Mais lorsqu'il n'y pas d'égalité pour ma sœur, que mon frère ne peut respirer
Main dans la main avec ma famille, nous emplirons ces rues

Quelques heures avant s'est formé sur le campus universitaire un rassemblement pour rejoindre les employés en grève de la plus célèbre firme mondialement empoisonneuse à bien des titres. Première revendication : "15 now !"

Le mouvement 15 now a pris naissance à Seattle en janvier et s'est rapidement étendu à de nombreuses villes américaines. Plus encore que la lutte pour demander un salaire minimum de 15 dollars dans les entreprises qui réalisent des profits aujourd'hui décuplés, cet élan est un geste essentiel de décence au moment où l'on constate que les 1% détenteurs du pouvoir économique (et donc du pouvoir) n'ont jamais été aussi arrogants à la tête de fortunes inégalées dans l'histoire. Comme ceux qui se sont battus pour les 8 heures (les cinq anarchistes exécutés suite à l'affaire dite de Haymarket consécutivement au rassemblement du 1er mai 1886 à l'usine McCormick de Chicago en sont un symbole qui perdure chaque 1er mai), la demande de 15 $ n'est pas un but mais "une étape vers la dignité et l'égalité sociale". Le mouvement 15 now revendique une naturelle parenté avec Occupy et Black Lives Matter pour lutter contre la pauvreté et la discrimination raciale ("Les emplois à bas salaires sont disproportionnellement dévolus à des personnes de couleur, des femmes et des immigrés de sorte que ce combat est aussi une question de race, de sexe et d'égalité sociale"). 

Le 15 avril à Minneapolis, les employés du McDonald prennent la parole ainsi que d'autres de compagnies similaires ou de  représentants de divers groupes comme ceux de Black Lives Matter. S'échangent toutes sortes de tracts et de paroles, mais ce qui frappe surtout, c'est le désir profond de sortir des cadres tels qu'ils ont été définis par les dénommés 1%, la volonté de reprendre sa vie en main. Une femme dans la foule crie "Assez de travailler pour des gens qui gagnent plus de 1000 fois plus que nous grâce à nos souffrances". D'autres décrivent les conditions de travail chez le géant du fast food et le peu de place restant à quelque épanouissement et surtout l'envie de vivre autrement, de ne plus se soumettre, de partager. Oui "l'amitié, l'amour existent" et ils peuvent beaucoup. 

Et c'est bien amicalement, pendant qu'un groupe parvient à faire fermer le McDonald, que chanteurs et rappeurs sont venus soutenir les grévistes : Jayanthi Kyle, mais aussi Lizzo, Metasota, Sophia Eris et Manchita (du groupe Grrl Prty), Manny Phesto. Metasota a même repris le "Fight the Power" de Public Enemy que tous et toutes ont repris en cœur comme s'il s'agissait d'une chanson des carnets de Joe Hill ou d'un classique du mouvement pour les droits civiques. L'anecdote est largement dépassée, l'expérience est transmissible. Et le chant de Lizzo et de Grrl Prty un peu plus tard viendra dire, la tête haute,  dans ce monde saisi d'une sidération qui fait plier les êtres, les fondamentaux des droits humains, les relations à autrui. Toutes les relations. Ce chant-là exige l'exercice des libertés, des prises de positions, la mise en œuvre lucide de nos propres destinées. NOW!








Photos : B. Zon

9.5.15

MOBILIER URBAIN ET HORS BAIN

Le design des nouveaux abribus parisiens est harmonisé avec celui des toilettes publiques (sanisettes de la seconde génération dessinées par le designer Patrick Jouin). Ce qui semble bien logique dans un monde de chiottes ! 


Photos : B. Zon