Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

30.1.15

DIDIER PETIT ET TONY HYMAS
LIBRES À FRESNES


Hier soir à la Grande Dimière de Fresnes (Sons d'Hiver), Didier Petit et Tony Hymas : duo fraternel de voyages et de confidences en trois suites, l'évidence par la suite.

Photo B. Zon

28.1.15

LE n°33 DU JOURNAL
DES ALLUMÉS DU JAZZ EST PARU

Attention, il n'y en aura bientôt plus ! Le nouveau numéro (dites 33) des Allumés du Jazz est (enfin) paru ! avec
des dessins de Matthias Lehmann, Johan de Moor, Efix, Jazzi, Gabriel Rebufello, Ramuntcho Matta, Cattaneo, Andy Singer, Laurel, Julien Mariolle, Zou, James, Pic, Sylvie Fontaine, Rocco, Marianne Thé, Nathalie Ferlut, Thierry Alba, Jeanne Puchol
des photographies de Guy Le Querrec (Magnum) et Sergine Laloux
des textes de : Gérard Marais, Gontran de Mortegoutte, Albert Lory, Davu Seru, Mauricette Surdisse, Patrick Williams, JR 1/63, Gabriel Lecouvreur, Robert Packard, Thierry Mazaud, Raymond Vurluz, Pablo Cueco, Bruno Tocanne, Yves Hermès, Jean-Louis Wiart, Etienne Brunet, Jason Weiss, D’ de Kabal, Workshop de Lyon
et plein de disques super baths à commander






***


Sommaire du numéro 33 du Journal Les Allumés du Jazz

1) Couverture par Matthias Lehmann
2) « Dédicaces à Charlie » par Laurel, Andy Singer, Cattaneo, Ramuntcho Matta, Efix, Gabriel Rebufello, Johan de Moor et Jazzi
3) « L’ami Hopi »  de Gérard Marais - photographie de Magali Marais
Allumette, épisode 11 : «Let’s Twist again » par Efix et Jiair
4) « Encyclopédie » par Albert Lory - illustrée de James, Julien Mariolle, Zou, Gabriel Rebufello
5) « Petite Fleur (cinq sens) » par Gontran de Mortegoutte - illustré par Johan de Moor
6) Jean-Jacques Avenel par Sergine Laloux
7) « Fables of Ferguson » par Davu Seru - illustré par Pic
8) « Nettoyage de Printemps » par Patrick Williams - illustré par Sylvie Fontaine
9) « Charolles l’explorateur » - interview de Denis Charolles par JR1/63 - photographie Guy Le Querrec
10) « Questions pour Coax » par Gabriel Lecouvreur - illustré par Rocco
11) « Les beaux états d’Emouvance » - interview de Claude Tchamitchian par Robert Packard - illsutré par Pic
12) « Point Show devant » - Entretien de Bruno Marvier par Thierry Mazaud - illustré par Marianne Thé
13) « I need that record » - entretien avec Brendan Toller par Raymond Vurluz - photographie du film
14) Jacques Thollot par Guy Le Querrec
15) « Tempus Fugit » par Pablo Cueco - illustré par Nathalie Ferlut
16 et 17) « Musical mystery tour » - entretien avec Iouri lnogradski  par Bruno Tocanne - illustré par Jazzi
18) « Des lieux à oublier » par Yves Hermès - illustré par Thierry Alba
19) « Où est la musique » par Jean-Louis Wiart - illustré par Jeanne Puchol
20) « Question de reverb’ » - conversation entre Jason Weiss et Etienne Brunet - illustrée par Laurel
21) « De l’impuissance du citoyen » - Lettre ouverte à M Bernard Cazeneuve et Mme Christiane Taubira - illustrée par Andy Singer
22 à 26) « J’ai besoin de  ce disque » les nouveaux disques  des Allumés du Jazz - photographies de Guy Le Querrec et Sergine Laloux
27) « Bon anniversaire RogueArt » - photographie de Guy Le Querrec
Soulevons nous par Cattaneo
28) GLQ par - « Police de proximité » par le Workshop de Lyon - photographie de Guy Le Querrec 



27.1.15

FRANÇOIS JEANNEAU ET SES AMIS À PROPOS DE JACQUES THOLLOT : ENTRE L'OMBRE ET LA JAVA

 La Java, club parisien bellevillois, a la spécificité de prolonger les branches d'un arbre planté il y a bien longtemps par Gérard Terronès, un arbre qui a offert une multitude de pousses, de feuilles, de sèves, de nids et d'oiseaux perchés. Gérard Terronès, qui confiait récemment que ses influences restaient Bob Thiele ou Bernard Stollman, a provoqué, au travers abondance de lieux, de disques, de déplacements, de volontés, quelques-unes des parties les plus historiquement vivaces du jazz en France. Le 4 janvier, il organisait à La Java une journée pour Jacques Thollot, musicien disparu le 2 octobre 2014. De Jacques Thollot, Gérard Terronès avait publié en 1971, en un 33 tours de sa maison de disques Futura, le premier album solo, sujet solitaire et incroyablement peuplé : Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer. Un disque que l'on n'aura jamais fini d'écouter. La java donc, lieu approprié, au nom de danse, donc de batterie, mais aussi d'une géographie musicale qui sourit à Don Cherry ("Entre Java et Lombok" sur Watch Devil Go 1975), révélée plus tard de "Longitude innée" (Tenga Niña 1996).

À la Java, le 4 janvier, Gérard Terronès et la compagne de Thollot, Caroline de Bendern, avaient convié Tristan Macé, Marie Thollot et Emmanuel Bex, Claude Bernard et Christian Lété, Jean-Marc Foussat et Claude Parle, Sylvain Kassap et Didier Petit, Jean-Jacques Birgé, Antonin-Tri Hoang et Fantazio, Jef Sicard, Claude Parle et Jean-Louis Méchali, François Jeanneau avec Sophia Domancich, Jean-Paul Celea et Simon Goubert, François Tusques avec Mirtha Pozzi et Pablo Cueco,  Benjamin Sanz, Frédérick Galiay et Julien Boudart, Jac Berrocal, Francis Marmande, Cathy Heyden et Jean-Noël Cognard... Caroline de Bendern projetait entre les sets, des films avec Jacques, extraits de concerts, séances ou moments de vie quotidienne. Tout ce beau monde évolua avec cette liberté que Thollot décrivait lui-même comme "la vie en direct, où l'on raconte le soir ce qu'on a vécu la journée (...) comme le lendemain on garde ce qu'on a raconté de mieux la veille". Jeux d'ombre, façons douces, confidences pudiques, humour ou mouvements brossés.  Quelques clins d'œil directs à la musique de Thollot : sa fille Marie chanta - comme une ouverture - avec Emmanuel Bex (qui fit partie du quintet de Jacques Thollot en 1980) "Turning on my mind" (de Cinq Hops 1978) et une chanson personnelle où l'on glane comme un secret de fille à père : "Laisse-moi être ton repère dans cette jungle austère", François Tusques mêla thème de Thollot à Solitude et le trio Jean-Jacques Birgé, Antonin-Tri Hoang et Fantazio tira fantaisie des poèmes de la Vie dans les plis d'Henri Michaux (poète chéri du batteur qui lui emprunta le titre de sa Girafe).

François Jeanneau avec un quartet composé de Sophia Domancich, Jean-Paul Céléa et Simon Goubert offrit un set complet de musique de Jacques Thollot. François Jeanneau, compagnon de longues routes, acteur des groupes des années 70 et des trois albums de cette période, François Jeanneau dont Thollot raffolait du son de soprano - et ce fut une des beautés de ce set de rappeler ce que ce saxophoniste a apporté à cet instrument et à quel point ; ce qu'on ne dit vraiment pas assez. Au travers de "Cinq Hops" (dont Jean-Paul Céléa était le bassiste d'origine), le quartet mu par une commune présence, une commune essence, rendit possibles le retour d'un visage, mais aussi son futur inspiré, ses infinis possibles. Les improvisations prirent leur place sans intrusion, sensiblement, avec une douce puissance dans l'élan d'exposés en quête d'harmonie universelle. Le désir de Jacques Thollot, son chant, étaient là, facilement partagés, en multiples résonances. Chacun joua avec la plus charmante des déterminations, la plus épanouie, la plus émerveillante... la délicatesse de Sophia Domancich, le déploiement grave de Jean-Paul Céléa...  et le solo de batterie bouleversant de Simon Goubert, moment de transmission, d'intime poésie dans le poème lui-même. 

François Jeanneau, Sophia Domancich, Jean-Paul Céléa et Simon Goubert nous firent partager une complexité alors révélée évidente : la musique de Jacques Thollot est capable d'affronter le temps.


Photographie : Caroline de Bendern

Jacques Thollot sur le blog

21.1.15

SYLVAIN GIRO : LE LAC D'EUGÉNIE,
DISQUE ET CONCERTS


Une prof de littérature ayant découvert le disque de Sylvain GirO Le lac d'Eugénie nous adresse ce message : "C'est un authentique poète que vous tenez là et la musique qui accompagne les textes est très belle. Je ne sais pas s'il a déjà acquis de la notoriété, mais il le mérite." On est bien d'accord !

Voilà non seulement un encouragement pour ce bel album, mais également pour aller écouter Sylvain GirO in sene le mois venant. On le retrouve avec Julien Padovani (claviers, accordéon), Erwan Martinerie (violoncelle) et Jean-Marie Nivaigne (batterie) le 30 janvier à Paris au Zèbre de Belleville, le 1er février à la Salle des fêtes de Poullan-sur-Mer, et le 6 février au Rochois à La Roche Bernard.

Sylvain GirO Le Lac d'Eugénie
Présentation de Sylvain GirO
"Où es-tu mon enfant ?" un film de Marie Giraudet

couverture : Photographie Val K - design : Marianne Trintzius 

8.1.15

OÙ EST CHARLIE ?


Mercredi 7 janvier, entendu en passant devant une sortie d'école de la bouche d'un petit enfant tenant la main de son papa :  "Je l'ai tapé tellement fort que maintenant, il a peur de moi."...

Sans lien avec ce qui suit (peut-être), quelques remarques en vrac.

Ce même jour, l'impensable s'est produit au siège du journal Charlie Hebdo, deux hommes armés ont fait irruption à la conférence de rédaction et tué de sang froid à l'arme automatique Kalachnikov 12 personnes : Frédéric Boisseau, agent d'entretien, Franck Brinsolaro, brigadier au service de la protection, Jean Cabut dit Cabu, dessinateur, Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse, Stéphane Charbonnier dit Charb, dessinateur, Philippe Honoré dit Honoré, dessinateur, Bernard Maris dit Oncle Bernard, économiste et chroniqueur, Ahmed Merabet, agent de police, Mustapha Ourrad, correcteur, Michel Renaud, ancien directeur de cabinet du maire de Clermont-Ferrand, Bernard Verlhac dit Tignous, dessinateur, Georges Wolinski, dessinateur, et blessé onze personnes. Les deux tueurs qui ont crié "Allahu Akbar" seraient des terroristes islamistes (le conditionnel ne sera pas utilisé par les premiers commentateurs politiques). La nouvelle est atterrante, sidérante, déchirante, impossible. Un journal directement attaqué ! Des dessinateurs bien connus comme Cabu dont les dessins accompagnent nos vies depuis les années 60 ! Quelque chose s'écroule avec une incroyable violence. Traumatisme.

La machine médiatique se met en route.  "Les mass media qui nous conditionnent, loin d'élargir les perspectives, les ont rétrécies ou fermées " écrivait Maurice Genevoix (beau-père de Bernard Maris). "L'info remplace la connaissance" chantait Renaud (actionnaire avec Philippe Val, Gébé et Cabu de la société relançant, après la scission avec La grosse Bertha, Charlie Hebdo en 1992, société dont le nom, rigolo sur le coup, Kalachnikof, sonne affreusement aujourd'hui). Pas de temps pour le deuil, ni pour la réflexion, les besoins politiques n'attendent pas. Chacun y va de ses certitudes.

Quelques heures plus tard, une large foule frappée d'émotion se rend place de la République à Paris. Au milieu de la foule, deux jeunes gens tiennent une pancarte "Où est charlie ?", référence à un jeu imagé célèbre. La question est puissante et interroge la très rapide uniformisation de tous les "Je suis Charlie" dont la plupart n'ont jamais lu ce journal (en grandes difficultés financières, faute de lecteurs) multipliés jusqu'au lendemain jusqu'à la nausée dans tous les médias, les entreprises etc. etc. 

Nous n'avions nul besoin d'être tous "américains" (comme on nous en a alors prié) après le 11 septembre 2001, nous n'avons pas nécessité d'être Charlie pour ressentir peine et colère. Ce rassemblement de la place de la République, que les commentateurs décrivent comme "triste" ou "joyeux", c'est selon,  est peuplé de milliers de "Je suis Charlie" imitateurs, de bougies et de slogans aussi simples que "Liberté d'expression". (L'après 21 avril 2002 aurait dû nous apprendre beaucoup).

À la radio, on y va gaiement dans les débats sans fond. On demande aux musulmans d'avoir un clergé hiérarchisé... un des commentateurs allant jusqu'à dire qu' "avec les chiites en Iran c'est plus simple" (veut-il vraiment vivre dans la "simplicité" iranienne ?). On leur commande de se démarquer - pour que les choses soient claires - de ces actes barbares jusqu'à porter un signe distinctif ("Pas en mon nom") comme si, apriori, de fait, ils en partageaient quelque responsabilité.

Un badaud est fier de dire au journaliste qui l'interviewe qu'il arbore un drapeau français car le bleu est le signe de la liberté, le blanc de l'égalité et le rouge de la fraternité. Un peu de révision de l'histoire ferait tous les biens pour éviter de dire des bêtises. Le drapeau national - qui fit son apparition en 1792 comme pavillon après différentes versions en 1789 - fut uniformisé en 1804 sous l'empire napoléonien - il est possible (pas certain) que la première signification des couleurs fut la reconnaissance par le roi Louis XVI de la garde municipale parisienne en 1789. Par extension le blanc, couleur du royaume, devint celle de la France, le bleu et le rouge représentent jusqu'en 1789 la ville de Paris. Le peintre David en 1794, puis l'écrivain Lamartine en 1848 ne sont pas étrangers à la pérennisation de la formule tricolore (contre le drapeau rouge pour le second) : "C'est le drapeau de la France, c'est le drapeau de nos armées victorieuses, c'est le drapeau de nos triomphes qu'il faut relever devant l'Europe. La France et le drapeau tricolore, c'est une même pensée, un même prestige, une même terreur, au besoin, pour nos ennemis !" (Lamartine).

Que penseraient des dessinateurs furieusement anti-cléricaux (ils en sont morts), anti-militaristes, d'un hommage à grand spectacle républicain à coup de drapeaux, d'hymne d'étendard-sanglant-est-levé, de quadrillage policier bien médiatisé, de nécessité d'unité nationale bien factice, de messe à Notre-Dame de Paris ?

On nous prie de faire bloc ? Mais faire bloc avec qui ?  Avec ceux qui soutiennent les politiques d'appauvrissement, ceux qui stigmatisent les Roms, ceux qui tricotent et détricotent en bonne démocratie, ceux qui nourrissent avec le meilleur foin, la montée du Front national ou celle des intégrismes religieux débiles et meurtriers (et qui les arment quand besoin est), ceux qui n'hésitent pas à mettre à la une Marine le Pen ou Eric Zemour (par exemple) pour in fine assurer leur promotion, ceux qui ne jurent que par la croissance à tout prix, quelle que que soit l'irréversible destruction occasionnée, ceux qui sont de gauche de droite, ceux qui sont de droite de très droite, ceux qui méprisent les pauvres ou ne savent même plus les regarder, ceux qui préfèrent les ronds-points, les barrages, les trains à grande vitesse, les aéroports, à la vie humaine, ceux qui sont tranquillement racistes, ceux qui profitent de la vente des armes, du travail des enfants ailleurs loin dans des pays jugés inférieurs aux nôtres, ceux qui nous collent la trouille comme valeur permanente, ceux qui légitiment qu'il est stupide de mourir pour des idées, ceux qui font semblant de mauvaise foi, ceux qui font semblant de bonne foi ?

La pensée vaut bien mieux que la croyance et ce qu'a énoncé Bakounine dans Dieu et l'État reste plein de bon sens "Si Dieu existait, il n'y aurait pour lui qu'un seul moyen de servir la liberté humaine, ce serait de cesser d'exister." En attendant, nous avons besoin de beaucoup, de beaucoup de Nous, d'affinités, de panoramas, de fraternité étendue, d'innovations minuscules, d'ampleurs hétérogènes, de réflexions considérables ; débattre des fissures tragiques qui s'emparent de notre monde et contre lesquelles nous pouvons plus que nous ne le pensons. Encore faut-il être prêt à bien des bouleversements de nos conforts et nous éveiller autrement, sans nécessité d'à-coups dramatiquement spectaculaires, pour que les enfants souhaitent autre chose que "taper tellement fort pour faire peur".







1.1.15

2015

Bonne année les ami(e)s et en avant (faisons gaffe tout de même où nous mettons les pieds)

12.12.14

LE BLACK DOG A 15 ANS
SACRÉ CLÉBARD !

Illustrations de Stéphane Levallois extraites du livret de How the light gets in de Fantastic Merlins

On pourrait, en toute facilité, utiliser la formule du fameux "Je me souviens" de Georges Perec et faire une liste infinie, tant le Black Dog qui fête ses 15 ans, regorge de lumineux souvenirs. Ceux dessinés par Stéphane Levallois dans le livret de l'album How the light gets in du groupe Fantastic Merlins par exemple.

Le Black Dog est un café situé à St Paul près du Mississippi. Il doit son nom à un impératif nocturne d'un soir de décembre, une rapide histoire de chien, pas vraiment à Led Zeppelin, ni même, consciemment, au chef Black Dog, qui, coïncidence, avait son campement de l'autre côté du Mississippi. Situé à l'endroit du camp de Little Crow, figure essentielle de la guerre des Dakotas contre le pouvoir colonial en 1862, ce "chien noir" n'est pas un truc tendance, un salon "branché", seulement un lieu de vie où être ensemble n'est pas une excuse à la solitude, un endroit qui tourne modestement le dos à un monde d'anéantissement qui ne fait forcément que passer. Il sait où sont ses marques, celles de Little Crow ne sont peut-être pas anecdotiques, intuition et sens sont en bonne place. En plein Lowertown de la capitale du Minnesota, Le Black Dog est une île, habitée, cultivée, où l'on se rencontre sans crainte, sans pose, un endroit de printemps qui ne craint pas l'hiver. Si on y mange et y boit bien, si l'on y parle volontiers (tant de débats passionnants - dans l'après 11 septembre par exemple ou lors de la RNC en 2008 où le Black Dog fut un extraordinaire accueil pour toutes les forces de l'expression libre), si les murs exposent régulièrement les images de peintres, dessinateurs et photographes impressionnants (Jim Denomie, Jonathan Thunder, Carolyn Anderson, Neto, Andy Singer, Caroline Forbes, Guy Le Querrec, Cattaneo, Ken Avidor, Lara Hanson, Steve Robbins, Emel Sherzad, Anne Elias ou même Edward Sheriff Curtis - dont l'éditeur Cardozo habite à côté - et tant d'autres...), la musique y joue un grand rôle. Pas une position concertante, une petite esplanade musicale au geste naturellement collectif qui répond au petit besoin de chaleur, de vigueur, d'une intensité aérée. Le groupe de rap Junkyard Empire y avait établi une petite commune chaque mercredi, les Fantastic Merlins, un Community Pools le vendredi, et Dean Magraw et Davu Seru y joent en continu chaque premier mardi du mois, un espace où l'expression embrasse l'idée cardinale de la renaissance, des haltes d'utopie, de l'évidence du "Nous". Le Black Dog a d'autres constances, Donald Washington, Todd Harper, Pete Hennig et ses Bluegrass Bandits, Eric Gravatt, Steve Kenny, Nathan Hanson, Brian Roessler, Willie Murphy, Nikki and the Ruemates, Anthony Cox, George Cartwright, Merciless Ghost, Rahjta Ren, Atlantis Quartet, Zacc Harris, Brandon Wozniak, Chris Bates, Brad Bellows, d'autres visiteurs heureux, Desdamona, Carnage, Brother Ali, Jef Lee Johnson, Michael Bland, Yohannes Tona, Bryan Nichols, Toki Wright, Happy Apple, Fat Kid Wednesdays, Jeremy Yvilsker, El Guante, Tish Jones, Michelle Kinney, Chris Cunningham, Douglas Ewart, Alden Ikeda, The Pines, JT Bates, Boots Riley and the Coup, Gary Farmer, Hymn for Her, Milo Fine, Kid Dakota, Michael Rossetto, Marc Anderson, Pat O'Keefe, Los Nativos et les voyageurs d'outre-Atlantique : Michel Portal qui y dédia un titre "At the Black Dog", Emilie Lesbros, Denis Colin, Pablo Cueco, Mirtha Pozzi, François Corneloup, Dominique Pifarély, Jacky Molard, Hélène Labarrière, Janick Martin, Yannick Jory, Evan Parker, Benoît Delbecq, Raymond Boni, Miguel Linares, Gabriel Gonzalez, Imbert Imbert et les fervents aux nombreux séjours, Tony Hymas et Didier Petit qui y cuisina même un pot au feu. Le Black Dog prend à témoin les petites irruptions, les générosités fécondes et les bonnes fréquences. Sans ce lieu notre musique aurait manqué de bien des jouissances... fortement.  Un bon anniversaire et un sacré coup de chapeau au trio Sara, Andy et Stacy Remke et à leur sacrée bande de Black Doggers ! Wouf ! Wouf !

Sur notre Glob : une série d'articles sur le Black Dog