Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

2.6.12

FOR ALL THE SLEEPING BABIES


L'enfance est le pays des grandes marges libres qui devront affronter les parcelles inégales, l'enfance est aussi le lieu des grandes veilles, des plus beaux chants du sommeil profond. Les enfants rêvent pour nous tous. "For all the sleeping babies" de Todd Harper est une ode douce à ceux qui nous manquent et à ceux qui s'éveillent, à ceux qui restaurent en permanence le sourire face à la cruauté du monde. Hier en fin d'après-midi, au Black Dog, alors que la lumière s'apaisait, Todd Harper et Nathan Hanson ont joué "For all the sleeping babies" comme une ligne révélatrice de frémissements, de regards tournés vers l'aurore.

Photo : B. Zon

Enfants dans le diconato

26.5.12

WILLIE MURPHY AU BLACK DOG

Willie Murphy a prévenu, il avait eu le blues le jour même et il n'y aurait pas de posture folky. Les deux sets, intenses, partagés au Black Dog hier soir, furent à la hauteur. Brèches, plaies, lézardes, déchirures, la beauté surgit du blues, liberté conquise dans la solitude et l'errance. Avec sa composition "Letter to a politician", Willie Murphy a aussi rappelé que la musique du Delta sait parfois être signe d'engagement, de contestation directe, insistant dans le second set en reprenant  JB Lenoir (qui chantait que chaque enfant pauvre né dans le Mississippi était mort né, interpellait la misère sous Eisenhower ou incitait ses frères à ne pas aller au Vietnam). Besoin soudain d'une tranchée de douceur, non sans avoir cité Karl Marx arguant que la révolution serait possible lorsque le capitalisme aurait englobé toute la Terre "Nous y sommes presque !", il a aussi joué "It's a wonderful world", mais s'est refusé à la demande d'une auditrice le priant de chanter à la suite "Over the rainbow" ("It's not a good song for now") pour reprendre avec plus de rage encore, écorce de la dignité inconnue. Le blues, plus qu'une autre musique peut-être,  contient le monde sous toutes ses facettes. Ce qui est lisible est obscur et ce qui est obscur est lisible.

Photo : B. Zon

24.5.12

22.5.12

RACINE(S)

« Ce qui est échappé aux spectateurs pourra être remarqué par les lecteurs. » 
Jean Racine

Photo : B. Zon

20.5.12

LE BLUES

"Ah le blues ! ... Le blues durera l'éternité. 
Vous pouvez entendre dès la première note qu'il y a de l'âme."
Louis Armstrong à propos de Bunk Johnson jouant "Franklin street blues"


Photo : B. Zon ("In from the storm")

19.5.12

SEUQCAJ

"On passe les trois quarts de sa vie à vouloir, sans faire". 
Denis Diderot 

Photos : B. Zon

13.5.12

JEANNE HUMBERT & CO

Fille d'une mère qui pris la tangente (abandonnant un mari violent et alcoolique pour rejoindre un militant anarchiste ami d'Alexandre Jacob), Jeanne Humbert est l'une de ces inlassables militantes libertaires oubliées dont l'action a permis des progrès cruciaux des années après leur action. Née Rigaudin, Jeanne épouse Eugène Humbert, militant comme elle des droits des femmes, pour la contraception, pour l'avortement, pour la liberté sexuelle. Tous deux sont allés en prison pour ces luttes (Eugène sera incarcéré une nouvelle fois au début de la guerre en 1939 pour "propagande anticonceptionnelle"). Un autre anarchiste, coutumier de la prison pour son action anti-militariste (il y mourut en 1917 dans des circonstances non élucidées - suicide ou assassinat) Miguel Almereyda (état civil : Eugène Bonaventure Jean-Baptiste Vigo) demande à Jeanne d'être la marraine laïque de son fils, le futur cinéaste Jean Vigo. Elle consacrera plus tard un ouvrage à son filleul. Cette activiste féministe, anti-capitaliste et anti-fasciste a fait un séjour au pénitencier Saint Lazare où l'avait précédé Louise Michel. En 1934, elle connait un procès agité pour propagande anti-natalité, accusée de propager la grève du ventre contre la guerre que Marie Huot, Nelly Roussel et Séverine avait lancé avant elle (reprise en quelque sorte plus tard par la femme du président américain Franklin Delano Roosevelt, Eleanor, lorsque qu'elle dit "N'est-il pas parfaitement stupide que les femmes continuent à avoir des enfants si c'est pour les voir tuer"). Elle se réjouit qu'aucune femme n'ait déposé contre elle. "Nous ne sommes pas des tables de multiplication... Pour nous la maternité est un acte d'amour." Eugène Imbert meurt dans l'hôpital-prison d'Amiens, lors d'un bombardement le 25 juin 1944, à la veille se sa libération. La fin du régime de Vichy ne signifie pas l'accession aux droits pour lesquels se sont battus les Humbert ainsi que beaucoup d'autres, il faudra bien d'autres luttes pour que soient reconnus en France le droit à la contraception (1967 - loi Neuwirth) et celui à l'avortement (1975 - loi Veil). Les lois favorables ne portent que le nom du législateur, jamais de leurs inspiratrices et inspirateurs de longues dates. Question de droit de hauteur.

Jeanne Humbert disparait en 1986. En 1981, le cinéaste Bernard Baissat lui a consacré un portrait "Ecoutez Jeanne Humbert".

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VULNERARI

Nous avons affaire à un homme tellement délimité par sa propre histoire personnelle que lorsqu’il obtient tout ce dont il rêvait et que sa vie acquiert enfin une valeur, il est tout étonné de voir que ces choses l’ont rendu vulnérable, car on peut les lui reprendre


Il ne s'agit pas d'une présentation d'un hypothétique chef d'état nouvellement sélectionné, mais de celle du personnage central du film Thief (le Solitaire) par le réalisateur Michael Mann.

Photo extraite de Le Solitaire : Robert Prosky ("employeur" du solitaire joué par James Caan)