Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

19.7.15

SCIENCE-FICTION

La science fiction * au secours du monde politique azimuté et des électeurs, électrices et électriciens en déroute : l'un d'eux (de gauche suivant l'expression consacrée) déclarait récemment "finalement, Alain Juppé ne serait pas la plus mauvaise solution !"

* au demeurant archi formidable disque d'Ornette Coleman

JOHN TAYLOR


Le pianiste John Taylor s'est éteint ce 18 juillet, après s'être effondré sur scène au Festival de Segré où il jouait avec le groupe de Stéphane Kerecki.

On devrait se souvenir de son parcours avec de très proches compagnons - d'une autre voie anglaise - tels John Surman, Kenny Wheeler, Chris Laurence, Alan Skidmore, John Marshall.

Musicien de grande élégance sophistiquée et donc de prédilection pour les trois lettres de Manfred Eicher, il figure sur nombreux albums ECM avec Azimuth bien sûr, groupe créé avec Norma Winstone et Kenny Wheeler, mais aussi avec Arild Andersen, Jan Garbarek, Charlie Haden, Miroslav Vitous, Palle Danielsson, Marilyn Mazur et bien sûr quelques références importantes de Surman et Wheeler. Après avoir enregistré avec lui en duo le serein mais fécond Patience (Outhere Music France/Zig Zag Territoires), Stéphane Kerecki l'a invité sur son projet Nouvelle vague (Outnote Records/Outthere Music France).

Pour l'anecdote, ce Taylor-là avait participé - à la suite d'une rocambolesque aventure digne d'une comédie de Frank Tashlin dont Evan Parker, Michel Portal et John Stevens furent quelques-uns des acteurs - à un quartet avec Jean-Louis Chautemps, Jacques Di Donato et Chris Laurence au festival de Chantenay-Villedieu en 1980.

Son premier album en 1971 s'intitulait Pause, and Think Again. Une façon de définition pour le parcours d'un musicien riche de ponctuation, d'exigence et d'une sage défiance.

18.7.15

NOTRE-DAME-DES-VALSES

En décembre 2014, le premier ministre de la France annonçait : "Après la décision du tribunal administratif, il faudra s'engager dans la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes". Et bien conformément à ce souhait, la j.u.s.t.i.c.e du dit tribunal administratif a débouté aujourd'hui tous les recours des opposants à cette monstrueuse imbécilité. Un sacré visionnaire ? Un magicien ? Un mec super tuyauté ?

14.7.15

CAT POWER

Mais quel est l'impudent (scientifique d'un monde virtuel?) qui a prétendu que pour mettre de l'ordre dans le monde, on devrait forcer les chats à faire des chiens? Cat power.
 

Photo : B. zon - Chats de la Commune libre d'Ussanges

5.7.15

WILLEM BREUKER ET GÉRARD TERRONÈS

C'est un 11 juin 1976 que certains d'entre nous découvraient le Willem Breuker Kollektief en première partie de Cecil Taylor ; soirée organisée à la Mutualité de Paris par Gérard Terronès dont on ne dira jamais assez tout ce qu'il a apporté. En cette chaude soirée d'été d'êtres sans avoir, idée naturelle de réécouter le disque du Willem Breuker Kollektief produit par Terronès (Marge) en 1978 intitulé Summer music, galette qui nous avait tant ravi et qu'il est toujours tant de plaisir à entendre. Merci Gérard !

28.6.15

LEONARD PELTIER :
40 ANS DE VIE EN PRISON

40 ans ! Cela fait 40 années que Leonard Peltier est en prison, malgré les promesses succesives de révision de procès (homme politique = mémoire salement courte). Insupportable indifférence pour l'injustice commise non seulement contre un homme, non seulement contre les peuples opprimés, massacrés, exploités, non seulement contre la perception de l'Histoire, mais contre notre présent même, contre nos réalités, contre nous-mêmes.

25.6.15

DON PAUVROS DE LA MANCHE
PAR GUY GIRARD

Camarades marseillaises et marseillais, vous avez une sacrée veine car vous pourrez voir les premières projections publiques du film de Guy Girard consacré à Jean François Pauvros, Don Pauvros de la Manche, au FID (excellent festival au demeurant) les 3 juillet à 12h30 (Cinéma les Variétés) et 5 juillet à 21h15 (même salle) ! Nous avons aussi eu la chance de voir ce film unique au sortir de son mixage. Impressions !

Immédiatement, on est frappé par le rapport nu, la puissance intime, entre les corps et le décor, frappé par les marques partagées, intermédiaires de poésie, qui dessinent à l'écran ces deux entités - équilibres premiers du cinéma -, corps et décors, ferments de réveil éclos au bord de l'abîme. La rue, la mer, le Nord, le studio Campus, sont des idées où pointe le déferlement de nos possibles contrariés par la lecture de nos impossibles.

Le titre, Don Pauvros de la Manche, affiche son plus-que-parfait, un combat de bâtis passés transitant en un temps présent vers l'ébauche d'un demain aussi provisoire que les images d'un film d'Ed Wood (aperçues à l'écran). Le guitariste séjourne dans le film sans se tourmenter de ses bords et débords, il y promène ses solitudes peuplées de brèves rencontres à l'accès vaste. Chacune ouvre une brèche ; une forme d'engagement assumant ses vertus discontinues, ses combustions contradictoires. On pense à Monk (mais oui !). “Là où est la musique, il n'y a pas de place pour le mal” avait dit Cervantès via Don Quichotte et ailleurs dans le roman : “Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es.” Chez Pauvros, l'âpre son, sa violence,  ne rêvent que chanson. La rumeur se propageant électriquement, le rock'n'roll et ses frappes auraient donc toujours voulu dire "tout instant est décisif". C'est filmé à la vitesse d'un crépuscule jouant la naissance du jour. Tendre vertige indispensable, on est au plus près de l'ingénieux hidalgo. Il est rare de percevoir à ce point les nécessités d'un musicien au cinéma.

Entre le souvenir d'une mélodie à reconstituer et la matière affolée qui ne dessine plus que les lambeaux d'un destin, Don Pauvros de la Manche, a quelque chose d'in extremis, impératif et précieux comme le sable du temps qui passe, comme s'il s'agissait d'un dernier témoignage de l'histoire par le cinéma.

Site du FID